Du bœuf britannique contaminé par la tuberculose exporté en France

Beef is put through a mincer at Lidgates butchers in west London

Des bovins testés positifs à la tuberculose sont abattus et mis dans le circuit alimentaire dans les collectivités en Grande-Bretagne ou exportés vers le continent.

Correspondant à Londres

C’est un rosbif au goût un peu amer que nos voisins Britanniques exportent chez nous. Selon le Sunday Times , des carcasses de viande bovine infectée par le germe de la tuberculose sont abattues dans un abattoir au Royaume-Uni et exportées vers la France, la Belgique et les Pays-Bas. Le journal avait révélé la semaine dernière que 28.000 bêtes testées positives à la tuberculose étaient offertes à la consommation chaque année.

De grandes enseignes comme les supermarchés Tesco, Sainsbury’s, ou Waitrose, ainsi que les chaines McDonald’s et Burger King ont refusé de vendre cette viande. Celle-ci serait écoulée essentiellement dans des cantines scolaires ou les restaurants hospitaliers. Les animaux testés positifs sont retirés des troupeaux afin d’éviter d’autres contaminations, moyennant une compensation de l’Etat à l’éleveur. Une agence vétérinaire publique (Animal Health and Veterinary Laboratories Agency) les revend ensuite, en toute connaissance de cause, à un abattoir du Sommerset, filiale du grossiste en viande irlandais ABP UK. Les carcasses sont exportées sans étiquetage particulier.

Risque de transmission faible

Les élevages français sont exempts de tuberculose. Le risque de transmission de l’animal à l’homme est jugé très faible mais pas nul. Le développement de la tuberculose peut prendre des années et il est difficile de remonter à la cause de contamination. Outre la viande, le lait peut être porteur de la bactérie. L’agence de santé du Royaume-Uni a lancé une nouvelle étude pour tenter d’établir l’origine des cas de contamination récente à la tuberculose.

«C’est surréaliste. Cette pratique devrait être immédiatement arrêtée. Il est bizarre qu’une agence publique soit impliquée là-dedans. Comme pour le scandale de la viande de cheval, le principe de précaution devrait s’appliquer lorsqu’il s’agit d’alimentation et de santé», a réagi Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne dans le Sunday Times. Le grossiste ABP reconnaît que «environ dix à vingt animaux sont traités chaque semaine» et «la viande est exportée sous forme de carcasses à divers clients en Europe continentale».

Le Figaro, Publié le 07/07/2013

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